Testament d'Aimé Pariset

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Aimé Pariset (1795 - 1872) était arrière grand-père d'Ernest Pariset, d'Élisabeth Jaillard, d'Aimée Deloule et de Paul Pariset. Veuf depuis 1854, il avait un fils et une fille. Le Gustave Amic qu'il désigne légataire à l'article 4 est probablement son neveu (la famille Amic, in la Gazette de l'île Barbe, supplément au n° 12, 4,14).

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Je, soussigné, Aimé, André Pariset, étant dans ma soixante-quinzième année, et considérant l'incertitude de l'heure de la mort, ai résolu de faire mes dispositions de dernières volontés. Je les consigne au présent écrit.

1.

Je recommande mon âme à Dieu, et le prie de la recevoir dans sa miséricorde par les mérites de Notre Seigneur Jésus-Christ, Son Fils unique, notre Rédempteur.

J'ai vécu et mon vu est de mourir dans le sein de l'Église catholique, apostolique et romaine. Au milieu des doutes, des troubles, des agitations d'esprit et des faiblesses de l'humanité, c'est là vraiment que se trouvent le calme et le salut, et quelles que soient les traverses qui puissent encore lui être réservées, je prie mes enfants de s'y tenir fermement attachés et de ne pas dévier de sa foi.

Je recommande à mes enfants la plus grande simplicité dans mes obsèques et enterrement, où nous devons surtout avoir en vue et rechercher les prières de l'Église. Je désire qu'on s'abstienne notamment de tout cortège et honneurs militaires.

2.

[Déchiré. - NDLR.]

3.

Le dernier tiers de la portion réservée ci-dessus devra être placé d'une manière sûre par les soins de mon exécuteur testamentaire, et je veux que les intérêts qui en proviendront soient annuellement appliqués, sous déduction d'une somme de cinq cents francs dont la destination sera indiquée ci-après, à l'instruction et à l'éducation de mon petit-fils Paul, Marie, Aimé Poirot de Scellier jusqu'à ce qu'il ait atteint l'âge de vingt-et-un ans. Ces intérêts seront remis au fur et à mesure de l'échéance à sa mère et tutrice, Mme Marie, Amélie, Nicole Pariset, ma fille, sans qu'elle soit tenue d'en rendre aucun compte. [Déchiré. - NDLR.]

[4.]

[Déchiré. - NDLR.] le prélèvement annuel est indiqué dans l'article ci-dessus pendant la durée de jouissance du placement dont il y est question, devra être employée à aider le jeune Gustave Amic dans les dépenses de son entretien et de son éducation. Gustave Amic est orphelin, et je prie mes enfants de tâcher de lui continuer cette subvention jusqu'à sa majorité. Vous devez cela à la mémoire de leur excellente mère [sic].

5.

Dans le cas où la force de la succession dépasserait le chiffre prévu à l'article 2 ci-dessus, le surplus sera partagé par égales parties entre mes deux enfants.

Ils s'entendront pour le partage des meubles et objets mobiliers qu'ils désireraient conserver. Je lègue spécialement à mon fils la caisse de plaqué et à ma fille le linge de lit et de table.

Il est à observer que sur les caisses d'argenterie et couteaux de table et à dessert, il a été prélevé une douzaine et demie de couverts, cuillers à café et couteaux de table et à dessert, qui ont été compris dans le trousseau de la fille, lors de son mariage. Le partage n'aura donc à porter que sur le surplus à cet égard.

6.

Si l'on doit faire inventaire, il sera inutile d'y comprendre aucuns papiers autres que ceux de propriété et les titres de valeurs industrielles. Il n'y a rien en dehors qui ait aucune portée ni aucun intérêt d'affaires.

7.

Les enfants de Mme Marie, Amélie, Nicole Pariset, ma fille, aujourd'hui épouse de M. Segond, ont un intérêt assez considérable dans la succession de Mme Veuve Maurrasée Rose Lanondouette[ou Lanoudouette ? - NDLR.], décédée à l'île Saint-Martin, dépendance de la Guadeloupe, en juin 1867. Jusqu'à présent, cette affaire n'a pu encore être réglée par suite du retard que le Conseil d'État met à statuer sur la demande qui lui a été soumise en autorisation d'acceptation des legs faits par Mme Maurrasà la fabrique et au bureau de bienfaisance de Saint-Martin. Les pièces établissant les droits de la famille, même le consentement des légataires universels à la délivrance de ces legs sont réunis entre les mains de Me Bernon, notaire, de sorte que le moment venu où il sera possible de procéder à la liquidation de la portion de cette succession en France, il ne saurait y avoir de difficultés. Tout cet avoir, d'ailleurs, dont j'avais ici la gestion, est assis en rentes sur l'État ou en obligations à 3 % de chemins de fer et de la Société immobilière, dont les titres sont dans une chemise spéciale dans mon portefeuille, et les produits que j'ai continué à recevoir depuis la mort de Mme Maurrasen grande partie déposés chez le notaire, Me Bernon.

8.

Quoique je compte sur l'affection de mes enfants pour s'entendre relativement à l'exécution des présentes dispositions, cependant comme des formalités pourraient devenir nécessaires, je nomme et institue pour mon exécuteur testamentaire Me Marie, Alexis, Michel, Ernest Pariset, mon fils, et à son défaut Me Victor Corby, employé de la préfecture de la Seine. Me Victor Corby ne me refusera pas, j'ose l'espérer, le bon office que j'attends, le cas échéant, de son obligeance, en souvenir de la longue amitié qui me lie à son excellent père.

Fait à Boulogne, le vingt-cinq mai mil huit cent soixante-neuf.

A[imé] PARISET.

Manuscrit conservé par Madeleine Pariset.

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in La gazette de l'île Barbe n° 60, printemps 2005

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