Le général Charles Goybet

(1er décembre 1825 – 9 février 1910)

Charles Goybet (« la famille Goybet », supplément au n° 39, 12,23) était cousin germain de Jules Goybet, grand-père d’Henri Jaillard, Lison [Louise] de Raucourt et Magdeleine Lepercq.

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Biographie

Goybet (Charles, Louis), général de brigade de cavalerie, grand officier de la Légion d’honneur.

Né à Yenne le 3 décembre 1825, élève à l’Académie royale militaire de Turin, Goybet entra au service de la Sardaigne le 29 août 1844 à l’âge de 19 ans, et fut nommé en 1847 sous-lieutenant dans Savoie-cavalerie. Lieutenant le 9 septembre 1848, il prit part avec son régiment aux campagnes de Lombardie (1848 et 1849) contre les Autrichiens ; mention honorable par décision royale pour s’être distingué à la bataille de Volta.

Désigné comme aide de camp du général de division comte Trotti, à Chambéry, il obtint de son chef de l’accompagner en Crimée (campagne de 1855 et 1856) et combattit en brave à Tchernaïa (1855). Capitaine le 16 novembre 1856, il fit la guerre de 1859 dans les chevau-légers d’Aoste et assista aux combats mémorables de Palestro et de San Martino. Sa conduite lui valut d’être nommé major dans un régiment nouveau, Florence-cavalerie.

Après l’annexion de la Savoie à la France (1860), le major Goybet opta pour la France et passa de l’armée sarde au service de son nouveau pays en retrouvant le 20 mai 1860 son grade de chef d’escadrons dans la cavalerie impériale, au 4e dragons de Lyon. Le 13 août 1863, cet officier supérieur reçut la croix de chevalier de la Légion d’honneur, et le 13 août 1868, étant en garnison à Lunéville, les épaulettes de lieutenant-colonel à son régiment du 4e dragons.

Il se trouvait à Lille au moment de la déclaration de guerre à la Prusse, le 15 juillet 1870. Il en partit pour se rendre à la 2e brigade de la division de cavalerie du 3e corps (Bazaine puis Decaen), et fut un des premiers à la frontière. Il combattit le 14 août à Borny, où son général de division fut blessé, le 16 à Gravelotte, le 18 à Saint-Privat. Il contribua à la défense de Metz et fut envoyé prisonnier en Allemagne, ayant reçu le 19 octobre, quelques jours avant la capitulation de la ville, la croix d’officier de la Légion d’honneur.

À son retour d’Allemagne, M. Goybet rentra à son régiment à l’armée de Versailles. Promu colonel du 20e dragons le 3 février 1872, il prit à Provins le commandement de son nouveau régiment, qu’il mena ensuite à Clermont-Ferrand et à Limoges à la 12e brigade. Promu général de brigade le 5 juin 1877, il reçut à Épinal le commandement de la 1re brigade de chasseurs à cheval, et ensuite, fit partie à Fontainebleau de la 5e division de cavalerie.

Promu commandeur de la Légion d’honneur le 7 juillet 1884, puis élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur, divisionnaire en 1887, le général Goybet fut placé dans le cadre de réserve le 3 décembre 1890, après quarante-six ans de services, quatre campagnes et une citation. Il est mort en 1910. Il était officier de l’Instruction publique.

D’après Théophile Lamathière,
Le Panthéon de la Légion d’honneur, tome VIII,
et Alfred Anthonioz,
Généraux savoyards, Genève, 1912.

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Condoléances

Hugues de Rostaing (1856) était cousin issu de germains d’Élisabeth Goybet, mère de Charles Goybet et grand-mère de Marguerite Putz. Sans postérité, il fut le dernier baron de Rostaing.

À Marguerite Putz

Lyon, le 2 mars 1910.

Mes chers Cousins,

Je viens d’apprendre avec peine la triste nouvelle qui vient de vous frapper tous. Notre parent, bien que je n’aie pas eu le plaisir de le connaître, le général Goybet, votre oncle, s’est éteint ces jours-ci à un âge fort avancé, après une carrière brillante.

Notre parenté avec lui, votre père et ses autres frères remonte un petit peu loin. Son arrière grand-mère était une Rostaing, sœur de mon grand-père paternel (baron de Rostaing). Par conséquent, nous étions, lui, votre père et ses frères Pierre et Laurent, que j’ai connus à Paris, cousins issus de germains [sic]. Donc la parenté est assez rapprochée.

Vous trois, vous êtes donc mes seuls parents et cousins qui me restent du côté des Goybet.

Je serais heureux de vous connaître tous, et j’espère que d’ici quelques mois, une occasion se présentera pour nous voir et faire plus ample connaissance. J’ai connu aussi à Lyon notre parent Jules Goybet, l’ancien directeur de la Martinière.

Je vous adresse donc, mes chers Cousins, mes vives condoléances à l’occasion du triste décès de notre cousin, le général Goybet, et je vous prie de vouloir bien agréer tous l’assurance de ma vive et sincère affection et de toute ma sympathie.

Votre vieux cousin :
Hugues de Rostaing.

Cité par Geneviève La Batie, in Histoire de notre famille, p. 62.

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 in La gazette de l'île Barbe n° 66, automne 2006

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